ATELIER 1700 · LE GUIDE DE LA MAISON

Ce que vous pouvez très bien faire vous-même.

Les petits travaux ne m’intéressent pas commercialement, et je préfère vous le dire franchement. Alors autant vous donner ce que je sais. Si vous repeignez une chambre ce week-end, faites-le bien. Les croquis ci-dessous se dessinent sous vos yeux, au pinceau.


UN

Protéger, c’est déjà peindre

Le ruban se pose en un seul geste continu

Un amateur passe une heure à protéger, un professionnel aussi, et ça se voit sur l’angle.

Un amateur passe une heure à protéger et six à peindre. Un professionnel fait l’inverse, et c’est pour cela que ses angles sont nets.

Le ruban se pose tendu, d’un seul geste, en marouflant l’arête. On le retire quand la peinture est encore fraîche, jamais sèche.

Deux détails changent tout. Le ruban se retire tant que la peinture est encore fraîche, en tirant à quarante-cinq degrés, sinon il emporte le film en séchant, et jamais de ruban de chantier ordinaire sur une boiserie fraîchement laquée, il arrache.


DEUX

L’ordre des couches ne se discute pas

Cinq couches, un seul ordre qui ne se discute pas

Aucune couche ne rattrape le travail de celle qui la précède.

Chaque couche a un rôle et aucune ne rattrape le travail de la précédente. Un support sale ou poudreux fera cloquer la plus chère des peintures.

De bas en haut, le support, le rebouchage et le ponçage, le fond d’accrochage, puis les deux couches de finition.

Le primaire est la couche que tout le monde saute, et c’est presque toujours la cause du problème. Ensuite deux couches fines, jamais une seule épaisse.


TROIS

Dans quel ordre peindre une pièce

Toujours du haut vers le bas, et du sale au délicat

Rejoignez toujours une zone encore humide pour éviter la trace de reprise.

Toujours du haut vers le bas, et toujours du plus salissant vers le plus délicat. Sinon vous repassez deux fois au même endroit.

Le plafond en premier, les murs ensuite, puis les boiseries, portes et fenêtres, et les plinthes tout à la fin.

Travaillez par surfaces d’un mètre carré et rejoignez toujours une zone humide. Une reprise sur peinture sèche se verra pour toujours en lumière rasante.


QUATRE

Les cinq choses que je répare le plus souvent

Cinq erreurs qui reviennent tout le temps

Chacune se corrige par un geste simple, à condition de la connaître.

Peindre sur un mur gras

Une cuisine, un couloir, le mur derrière un canapé. Un lessivage au dégraissant avant toute chose, sinon rien ne tient.

Charger le rouleau

Un rouleau saturé projette, coule et laisse des bourrelets en fin de passe. On l’essore, toujours.

Ne pas respecter le temps de séchage

La deuxième couche appliquée trop tôt redissout la première. Le temps indiqué sur le pot est un minimum, pas une suggestion.

Repeindre une tache d’humidité

Elle reviendra, plus large. Il faut trouver l’eau avant de sortir le pinceau.

Choisir la teinte sur un nuancier en magasin

La lumière du magasin n’est pas celle de votre séjour. Testez sur place, sur une surface d’au moins un demi-mètre carré, et regardez-la le matin et le soir.


CINQ

Une maison ne s’entretient pas par grands travaux, mais par petites décisions justes.

Ce que je vous déconseille de faire vous-même

Les zones où mieux vaut passer la main

Pour le reste, lancez-vous, et si une pièce résiste, vous savez où me trouver.

Cage d’escalier, laque sur boiserie, crépi, grand plafond, humidité, ce sont les travaux où l’erreur coûte plus cher que le travail. Là, mieux vaut une main de métier.

Pour le reste, lancez-vous. Et si une pièce vous résiste, vous savez où me trouver.

Trois lectures prolongent ce guide. La méthode décrit le déroulé d’un chantier, du relevé jusqu’à la remise. Choisir sa finition compare la peinture, la tapisserie et le crépi, pièce par pièce. Reprendre un logement traite le cas particulier d’un appartement récupéré en mauvais état.

De ma main

Iven Sambento, peintre CFC
Chaque chantier porte cette signature.